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 Interview Dominique Maraval (1948-2010)
 Par Lionel GRIPON

     Interview /Artistes
Un muraliste aux multiples facettes.
 
Muraliste, peintre, sculpteur et cinéaste.

Nous venons d'apprendre que Dominique Maraval nous a quitté ce 1 Janvier 2010. Il restera dans notre coeur à jamais.

Jeudi 24 Février 2005, rencontre avec Dominique Maraval : L'artiste peintre qui a illuminé Dijon de ses murs peints.

Dominique Maraval nous reçoit dans sa maison de la proche banlieue parisienne. C'est là qu'il a également son atelier d'artiste. Une multitude de toiles, de grands formats, y sont


Dominique Maraval

stockées ce qui donne l'impression que Dominique, avant d'être un muraliste est avant tout un peintre sur toile. Il considère son atelier comme son "laboratoire".

LG : Pouvez vous me dire pourquoi votre dernière peinture murale date de 1992 ?

Dominique Maraval :  En 1991 éclate la 1ère guerre du Golfe, or le marché des murs peints à cette époque est principalement motivé par le marché de la publicité. Les communes accordaient des espaces d'affichages sur leur territoire à de grands annonceurs, qui en contre partie devaient peindre une façade. Le contre coup de la guerre du Golfe s'est fait sentir dès 1992, le marché était globalement morose, les investissements publicitaires des grandes compagnies ont chuté, ce qui s'est traduit par une chute des affichages. Les annonceurs n'ont plus crée de nouveaux emplacement et donc par conséquence plus de murs peints.

LG : Avez-vous des regrets de cette époque ?

Dominique Maraval : C'est vrai que ces années 80-90 étaient superbes pour un artiste muraliste. Jamais autant de murs n'ont été crées que pendant cette période. Je regrette évidemment ce temps passé mais je ne suis pas amer, car pour moi cela a été formidable de pouvoir m'exprimer de cette manière. Je ne désespère pas voir revenir "le rêve, l'art, l'utopie" dans la rue. Je suis prêt.


Dijon (cliquez sur l'image pour l'agrandir)
(voir la galerie de ce mur)

LG : Comment a commencé pour vous cette période de muraliste ?

Dominique Maraval : J'ai fait 2 concours de sélection à Dijon et à Oullins (dpt 69), sélections que j'ai remporté. Dans cet entre fait Daniel Boulogne a publié un livre sur les murs peints de France (voir l'interview de Daniel Boulogne) et les propositions sont venues toutes seules à moi. Je lui dois une fière chandelle, même si à l'époque je ne me rendais pas forcément compte que tout son travail faisait avancer le mur peint à grandes enjambées.

LG : Si j'en crois ce que je vois dans votre atelier, vous vous êtes maintenant plutôt tourné vers la peinture sur toile?

Dominique Maraval : Pendant la pé-

 

 

 

riode où j'étais muraliste je pouvais peindre très souvent dans mon "laboratoire" mais je n'exposais pas cette recherche. J'ai donc peint régulièrement pour moi dans la période 1973-1993. J'ai fait ma première exposition en 1993 dès la chute des murs et depuis j'expose très régulièrement.


Toile  (cliquez sur l'image pour l'agrandir)

LG : Comment définissez vous votre peinture ?

Dominique Maraval : J'utilise l'espace blanc de ma toile pour parler du monde et de la perception que j'en ai. J'ai pris les poussières les plus élémentaires de ce monde. Ces poussières peuvent se colorer, se structurer pour exprimer  le monde. J'ai appelé cette série de toiles les "Elémentaires". Il y a abstraction naturaliste pourrait on dire. J'essai d'approcher au mieux le résultat des lois qui nous dépassent mais qui font que nous sommes là , c'est à dire l'univers, sans soucis aucun de transgression .

La 2ème série s'appelle les "Culturelles" car à ces poussières de m
atière se rajoute les poussières de mémoire de notre Histoire, ce que l'on a connu que l'on a appris. Il y a alors une résonance entre ce que je reçois du monde et ce que je transmet et cela s'exprime par une vibration, une émotion.

LG : Pour revenir aux murs peints, pourquoi ne pas avoir monté une entreprise en murs peints en 1993 ?

Dominique Maraval : Cela aurait été possible à plusieurs reprises et je m'y suis toujours refusé. C'est trop jouissif pour moi d'être "créateur" et  manager une entreprise aurait été une perte d'essentiel.

LG : Quel est votre perception de l'art du mur peint ?

Dominique Maraval : L'art du mur peint a toujours été considéré par les autorités étatiques, (à part le ministère Lang) comme un art populaire. Le fait de rajouter le mot populaire signifie que l'on a pas affaire à de l'art avec un grand A. Or pour moi l'art du mur peint est génial car c'est le plus bel endroit pour qu'un artiste puisse s'exprimer et communiquer avec ses semblables sans intermédiaire mercantile. Le mur peint est pour moi une thérapie, l'artiste projette sur le mur sa vision du monde. Cela n'est pas toujours forcément beau mais cela devrait toujours être vrai


Dijon (cliquez sur l'image pour l'agrandir)
(Voir la galerie de ce mur)

LG : Pouvez-vous alors m'expliquer la symbolique du mur des halles de Dijon ?

Dominique Maraval : La peinture s'inscrit dans une dualité symbolique. D'un coté, les nourritures terrestres avec les halles, et de l'autre côté les nourritures célestes avec la cathédrale.


 

 

 Le bateau comme dans la mythologie grecque, le passage de la terre au ciel. Les fruits sont paradisiaques et colorés. Il s'agit aussi ici d'une passerelle entre figuration et abstraction.

LG : Et dans un site classé comme le centre de Dijon cela s'est imposé naturellement comme idée  ?

Dominique Maraval : Non, cela n'a pas été une mince affaire, il m'a fallu plus de 32 projets de maquettes avant l'acceptation du projet  final.


Une des 32 maquettes du mur
  (cliquez sur l'image pour l'agrandir)

LG : Je vois des sculptures en bois ou en bronzes, vous sculptez aussi ?

Dominique Maraval : Effectivement,. cette sculpture en bois, avec ses 3 femmes, peut être interprété de 2


Sculpture en bois
 (cliquez sur l'image pour l'agrandir)

manières au minimum. On voit soit une bombe sur leurs genoux, synonyme de destruction de et mort, soit une fusée synonyme de découverte de l'espace et d'espérance , de rêve. De toutes façons elles sont heureuses, elles sourient, peut-être a cause de la forme phallique de l'engin porteur de vie?...


Palais Royal
 (cliquez sur l'image pour l'agrandir)


LG : Concernant l'école de la convention à Oullins (Dpt 69) quel a été votre fil conducteur ?

Dominique Maraval : Quand les couleurs envahissent les murs, ce sont deux mondes qui se rencontrent, : c'est permettre, dès le plus jeune âge, d'ouvrir les yeux à une sensibilité artistique.



En lire un peu plus sur cette école :
 (en Pdf 500 ko)

Merci à Dominique Maraval pour son accueil chaleureux et pour les trois heures passées en sa compagnie à la vitesse de l'éclair

Article de
Lionel GRIPON
Fevrier 2005
 

Vous pouvez rentrer en contact avec cet artiste sur son blog

Retrouvez encore plus d'information sur cet artiste dans la page ARTISTE qui lui est consacré sur ce site.

Révision : 10 mars 2013

 

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